L'indépendance financière
- Feb 26
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Quand on pense à l'indépendance financière, on imagine souvent des personnes dans l'une des deux situations suivantes : soit elles sont extrêmement riches, soit elles se sont privées de tout pendant des années, généralement dans le but de prendre une retraite précoce. Ainsi, on entend parfois parler de personnes dans la trentaine ou la quarantaine qui ont complètement cessé de travailler pour profiter pleinement de la vie.
Pour ma part, l'indépendance financière ne signifie pas nécessairement une retraite hâtive. Depuis plusieurs années, je lis périodiquement des articles sur le mouvement FIRE (Financial Independence, Retire Early), une approche qui repose sur une épargne agressive visant à accumuler suffisamment d'actifs pour couvrir ses dépenses annuelles. Cette stratégie s'appuie souvent sur la règle du retrait de 4% de son portefeuille d'investissements pour financer sa retraite. Sans entrer dans les détails, l'objectif est d'accumuler l'équivalent de 25 fois la valeur de ses dépenses annuelles, qui permettra d'atteindre le FIRE number, seuil à partir duquel on considère avoir atteint l'indépendance financière. Avec le temps, le mouvement a évolué et donné naissance à plusieurs variantes, telles que le Lean, Fat, Barista et Coast FIRE. En principe, dans ma stratégie financière, j'adopte ce mouvement depuis le début de ma quête consciente de l'indépendance financière. Ce qui me différencie est que je ne cherches pas à prendre ma retraite dès que j'atteins le fameux FIRE number.
Dans cet article, j'écris sur ma vision de l'indépendance financière, une vision que je crois accessible à tout le monde. Elle ne repose pas sur des sacrifices ou épargnes extrêmes, mais sur quelques ajustements conscients à son style de vie. Le but n'est pas de se priver, bien au contraire, il faut continuer à vivre pleinement, tout en posant quelques actions concrètes qui permettent, graduellement, de se libérer de certaines obligations financières et de la pression sociale. Avec le temps, le travail deviendra beaucoup moins stressant, voire optionnel, et à ce moment, vous choisirez de rester ou de quitter.
La quête de l'indépendance financière
Pour la grande majorité des gens, devenir indépendant ou libre financièrement ne se fait pas du jour au lendemain. À moins de gagner le jackpot, il s'agit plutôt d'un long processus parsemé d'obstacles. Par contre, c'est un objectif qui, malgré certaines critiques, demeure à la portée de tous.
Vous en doutez? J'en suis la preuve.
En effet, je n'ai pas grandi dans le luxe, ni même dans le confort financier dont d'autres ont pu bénéficier. Bien au contraire, j'ai grandi dans un environnement qui pouvait sembler précaire, mais où rien ne manquait. Ma famille faisait des choix conscients, parfois difficiles, mais nécessaires (vous pouvez lire sur ce sujet: Ce que la guerre peut enseigner sur l’argent, la liberté et la résilience). Et éventuellement, ces choix ont permis de bâtir une certaine stabilité financière sur une période de plusieurs années.
Avec ce bagage de vie, dans ma jeune vingtaine, sans même en être pleinement conscient, je cherchais déjà à devenir financièrement indépendant. Je portais une attention particulière à mes dépenses et, surtout, je m'assurais de ne jamais m'endetter avec des dettes de consommation. Malgré cela, il est tout à fait normal de faire des mauvais choix ou erreurs. L'important c'est d'en prendre conscience, de corriger les erreurs et d'en tirer des leçons. À l'époque, je travaillais pour un salaire que j'accumulais sans objectif précis. J'épargnais simplement parce qu'on m'avait toujours dit de me constituer un bon coussin financier et, ayant vécu dans des situations précaires, j'ai toujours gardé en tête qu'il fallait se préparer aux imprévus. Ce n'est qu'avec le recul que j'ai compris que, sans le savoir, j'étais déjà engagé dans une démarche vers l'indépendance financière. Une quête qui ne visait pas l'enrichissement rapide, mais la tranquillité d'esprit, la liberté de choix et une certaine autonomie face à l'argent.
L'absence de dettes est un fondement essentiel de ma vision de l'indépendance financière. Ne rien devoir à personne, c'est vivre pour soi. C'est être libre de ses mouvements, choix et dépenses. Lorsqu'on n'a pas de paiements qui nous suivent chaque mois, la pression financière diminue considérablement. Toutefois, la pression sociale peut facilement nous éloigner de cette liberté.
Comment? En s'endettant pour avoir l'air riche.
Je répète souvent l'exemple suivant : regardez vos voisins ou connaissances... Est-ce qu'ils roulent de belles et nouvelles voitures et les changent fréquemment?
La réponse est : Souvent, oui.
Pourquoi? Peut-être par besoin de nouveauté. Peut-être pour projeter une image de réussite ou de richesse... Je ne sais pas.
Au delà des apparences de richesse ou de réussite, au fin fond de ces personnes, une question demeure : est-ce qu'elles ont réellement achetées ces voitures? Ou est-ce que ces voitures sont financées? Dans ce cas, ces personnes enrichissent les gens qui leur vendent ces voitures. Les acheteurs (ou plutôt, les endettés) paient des intérêts composés aux concessionnaires et contribuent à l'enrichissement des autres, plutôt qu'au leur. Ceci n'est qu'un petit exemple de ce qui peut freiner une quête vers l'indépendance financière, mais qui illustre bien un choix fondamental : s'endetter pour avoir l'air riche ou s'enrichir alors que les autres pensent qu'on est pauvre.
En toute honnêté, je peux en témoigner puisque plus jeune, j'ai fait l'erreur de m'endetter d'un camion Ford F-150, et je faisais des versements mensuels avec intérêts à quelqu'un d'autre que moi. J'avais un bon salaire et un besoin de dépenser (au lieu de me payer en premier)... et probablement d'avoir l'air riche... Avec une prise de conscience, c'était réellement un geste stupide de ma part. Mais tel qu'écrit plus haut, il est tout à fait normal de faire des erreurs. Par contre, il faut en tirer des leçons. Aujourd'hui, bien des années plus tard et ayant acquis beaucoup de connaissance, au lieu de payer des intérêts aux institutions financières et aux cartes de crédit, je privilégie ma richesse... en me payant en premier (lire mon article : Se payer en premier).
Concrètement, cela commence par une réduction des dépenses superflues, souvent à l'aide d'un budget simple et efficace (pour savoir comment j'ai réduit mes dépenses inutiles, vous pouvez consulter mon article : Budget: Le 50/30/20). Ces ajustements dégageront inévitablement des sommes qui peuvent ensuite être épargnées, investies ou utilisées pour bâtir un fonds d'urgence. Croyez le ou non, mais chaque dollar mis de côté, que ce soit dans des investissements en bourse, de l'immobilier ou un fonds d'urgence, augmente un peu plus notre autonomie. Peu à peu, on devient moins dépendant d'un emploi.
Au fil du temps, cette indépendance se traduit concrètement en réalité de plusieurs façons. Voici quelques exemples possibles :
Voyager où l'on veut sans contrainte financière
Le pouvoir d'investir davantage financièrement dans l'avenir de ses enfants
La possibilité d'aider des proches financièrement
Moins de pression pour faire des heures supplémentaires
La liberté de quitter un poste qui ne nous convient plus
La possibilité de prendre des vacances sans s'endetter, et de ne pas s'en empêcher par peur de manquer d'argent
Travailler sur des projets personnels
La tranquillité d'esprit de ne pas être prisonnier de ses obligations financières
Ma relation avec le travail
Je suis d'avis que l'on dépend parfois trop d'un emploi pour subvenir à nos besoins financiers. Cette dépendance augmente notre vulnérabilité en cas de perte d'emploi ou de situation imprévue, comme un arrêt de travail à la suite d'une maladie. À mes yeux, un emploi n'est qu'une source de revenu parmi tant d'autres. Cela dit, si l'on y trouve du plaisir ou un réel intérêt, rien n'empêche d'y rester tant qu'il nous convient, et non par obligation financière.
Contrairement à certaines approches du mouvement FIRE, je crois que le travail peut parfaitement coexister avec l'indépendance financière. À mon avis, un emploi ne devrait pas être perçu comme un ennemi, surtout s'il répond à des besoins. Certaines personnes trouvent leur travail stimulant, qui respecte leurs valeurs, apprécient leurs collègues et y retrouvent une vie sociale enrichissante. D'autres occupent des postes de relation d'aide où le sentiment d'aider autrui est central. Ici, je penses aux personnes oeuvrant dans les domaines de la santé, de la santé mentale, du communautaire et de l'éducation. Ce ne sont que quelques exemples qui démontrent que le travail peut être significatif ou enrichissant pour une personne.
Dans ces cas, il est tout à fait normal qu'une personne choisisse de demeurer en poste même après avoir atteint l'indépendance financière. L'objectif n'est pas nécessairement de ne plus jamais travailler, mais plutôt de redéfinir la place du travail dans sa vie. Selon moi, l'indépendance financière se résume à cette liberté fondamentale, qui est tout simplement de pouvoir accepter ou refuser certaines tâches, choisir d'effectuer du temps supplémentaire ou non et de prendre des décisions professionnelles en cohérence avec ses valeurs et intérêts, sans que l'aspect financier n'impose ses choix qui nous obligeraient à travailler sans réel intérêt ou à l'encontre de nos valeurs.
En contrepartie, je suis d'avis qu'il ne faut pas vivre pour le travail. Celui-ci n'est qu'un complément à sa vie et ses finances, rien de plus.
Comment faire pour ne pas être esclave d'un emploi? La réponse est très simple : se diversifier.
Le fait de se créer des sources de revenu autres qu'une paie de son employeur, nous permet de vivre beaucoup plus librement. Que ce soit par l'investissement en bourse, dans l'immobilier ou l'entrepreneuriat, le fait de générer des revenus supplémentaires réduit la pression financière. Lorsque l'argent commencer à travailler pour nous, le stress lié au travail diminue considérablement.
Il y a plusieurs années, lorsque j'ai pris conscience de la possibilité que l'argent pouvait travailler pour moi, et non le contraire, j'ai vite compris que cela me permettrait non seulement d'atteindre l'indépendance financière, mais également que je pouvais occuper un emploi pour la seule raison qu'il me convient à un moment de ma vie. D'ailleurs, je me compte chanceux de pouvoir travailler dans un domaine que j'ose dire très stimulant. Bien sûr, un jour je compte quitter mon emploi, mais pour le moment, je profite du moment présent.
Ne pas se priver aujourd'hui
Dans un article précédent de mon blog, j'ai mentionné qu'une connaissance m'avait amicalement traité de Balthazar Picsou, un personnage reconnu pour être particulièrement cheap. Je comprends d'où vient cette perception, car c'est souvent l'image projetée des personnes qui cheminent vers l'indépendance financière ou qui l'ont atteinte. On suppose qu'elles y sont arrivées parce qu'elles se sont privées de tout, qu'elles n'ont jamais réellement profité de la vie et qu'elles ont simplement accumulé l'argent pour elles-mêmes.
Il est vrai que certaines personnes choisissent de se priver dans le présent pour atteindre l'indépendance financière rapidement. C'est un peu l'idée qu'il faut vivre avec le strict minimum pour maximiser le plus possible ses épargnes dans le but d'atteindre son FIRE number et de souffrir temporairement pour ensuite profiter d'une retraite hâtive.
Face à cette stratégie, je ne peux qu'être en désaccord.
Pourquoi? Parce que l'argent n'est qu'un outil... Outil qui nous permet d'obtenir ce qu'on veut, que ce soit du matériel, des expériences, combler des besoins essentiels ou d'atteindre l'indépendance financière. Cet outil doit nous permettre d'améliorer notre qualité de vie, pas de nous torturer financièrement et de sacrifier des années de jeunesse.
Prenons l'exemple d'une personne qui épargne de façon agressive durant 10 ou 15 ans dès l'âge de 20 ans. Oui, elle pourrait peut-être prendre une retraite hâtive, mais elle aura tout de même perdu ces 10 ou 15 ans de jeunesse qu'elle ne pourra jamais récupérer. Les expériences vécues à 20 ans ne se vivent pas de la même façon à 50 ans... même 35 ans. La santé, l'énergie, les responsabilités familiales, la tolérance à l'aventure et les obligations professionnelles évoluent avec le temps.
Je ne tentes pas ici de convaincre qui que ce soit. Chacun établit ses propres objectifs de vie... Certains vont vivre au dessus de leurs moyens, d'autres vont vivre comme des ermites pour atteindre l'indépendance financière. Pour ma part, je préfère vivre pleinement le présent tout en bâtissant ma richesse, au lieu de vivre plus tard, tout en me privant aujourd'hui.
Pour conclure cet article, ma recette pour atteindre l'indépendance financière est TRÈS simple :
Faire un budget pour dégager des surplus
Me payer en premier en déposant ces surplus dans mon "compte dépense", mon fonds d'urgence et mes comptes d'investissement
Laisser l'argent travailler pour moi et dormir en paix
Profiter de la vie selon mes moyens, après m'être payé en premier (étape 2)
Donner de mon temps
Voilà ma vision de l'indépendance financière.



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